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Lire le témoignage en 1994 de François Lartigau, ancien Champion de France du Surf


 

Lire l'article de Frédéric Beigbeder sur le livre qui vient de sortir « gentleman de l’extrême, Arnaud de Rosnay » de Olivier Bonnefon.



Plus d'informations sur le livre

Chère Madame, Après tout ce que j'ai entendu concernant la tentative de votre fils Arnaud, j'imagine vos inquiétudes. Soyez rassurée. J'ai passé de nombreuses heures avec Arnaud, à Moorea, avant son départ pour les Marquises, d'où commencera son formidable combat avec la mer et avec lui même.

Contrairement à ce que j'ai entendu des uns et des autres, la tentative d'Arnaud est parfaitement lucide, parfaitement bien préparée sur le plan technique et sur le plan mental.

La dernière fois que j'ai vu Arnaud, nous avons passé six heures ensemble, en tête à tête, et il était tout à fait détendu, tout à fait disponible : c'est le vrai Arnaud que j'ai pu voir pendant ces heures. Il m'a tout montré, tout expliqué, et c'est seulement alors que j'ai compris, en profondeur, qu'il gagnerait son combat contre le dragon.

Il m'a montré comment il métamorphosait sa planche à voile en un véritable petit trimaran extrêmement sûr, d'une solidité stupéfiante, d'un confort très supérieur à tout ce que l'on peut imaginer : c'est un véritable petit bateau, capable d'affronter sans problème une mer même très grosse. Ce que je vous dis là, ce n'est pas une simple impression intellectuelle, c'est une certitude venant du fait que j'ai pu essayer cette "planche-trimaran", j'ai revêtu la combinaison de nuit qu'Arnaud utilisera, le matelas gonflable, c'est donc en marin que je vous dis cela, après avoir vu de mes yeux et touché de mes mains.

L'Atlantique a été traversé à l'aviron plusieurs fois, en kayak, en pirogue africaine. Moi-même, j'ai beaucoup pratiqué la pirogue cambodgienne, en mer. La planche d'Arnaud, une fois transformée en trimaran pour la nuit, est beaucoup plus stable, beaucoup plus sûre, beaucoup plus sèche qu'un kayak ou qu'une pirogue, c'est stupéfiant de le constater.

Il a vraiment tout prévu, son équipement est impeccable. Quant à ses possibilités physiques, elles ne sont plus à démontrer dans le domaine de la planche à voile qu'il domine au plus haut niveau.

En résumé : son sommeil sera paisible et régénérateur la nuit, ses performances extrêmement belles le jour, il boira suffisamment, il emporte assez de nourriture, il dispose en outre des lignes de train, et du fusil sous-marin pour le cas où, et il sait parfaitement calculer sa latitude.

Lucidement, rationnellement, je ne peux que le voir gagnant dans ce formidable combat.

Vous pourrez très bientôt trouver sur cette page des témoignages de personnes, célèbres et inconnues, qui ont côtoyé Arnaud de Rosnay.

Premier témoignage, une lettre de Bernard Moitessier adressée à Natacha de Rosnay, la mère d'Arnaud, au moment de la traversée Marquises-Tuamotu

Ce document, signé par des champions de windsurf, soutient Arnaud dans son combat contre la calomnie lorsque sa traversée du Pacifique fût mise en doute. Cherchez! vous y trouverez Robby Naish.


l'année dernière à Biarritz Georges Hennebutte suivait du bord de la plage les évolutions d'un Anglais qui faisait du "planking" sur une planche longue de 3 m 50 et sur laquelle il se tenait debout tandis que la vague l'entraînait. A un moment l'homme perdait l'équilibre et se retrouvait sur le bord après avoir été roulé. Mais sa planche Etait fendue. Hennebutte s'approchait, intéressé. L'Anglais se lamentait : "Il faut que je commande une autre planche car ici personne ne va pouvoir réparer celle-ci". "Si vous voulez je vais essayer" proposait Hennebutte.

Il essayait, réparait la planche et se liait d'amitié avec l'Anglais qui Etait l'écrivain et scénariste Peter Wiertel, auteur du scénario du film "the sun also rises" (le soleil se lève aussi) d'Hemingway et dont une séquence fut tournée à Biarritz avec Tyrone Power au début du mois de juin.

Un jeune ébéniste de Dax, Jacques Rott, était également très intéressé par cette planche. Il avait depuis longtemps envie de pratiquer ce sport après avoir vu des films tournés à Hawai et sur les côtes de Californie. Le Dacquois Rott sur les mesures de la planche de Wiertel fabriquait un nouvel engin. Georges Hennebutte de son côté mettait au point un modèle à la pointe relevée et comportant des parties pneumatiques gonflables. La planche modèle Wiertel (coût 75.000 F) et le modèle Rott (bien meilleur marché) étaient malgré tout plus lourdes que le modèle Hennebutte.

Actuellement sur les plages de Biarritz le "surf-riding" est pratiqué par une poignée d'initiés. Lorsqu'il se trouve à Londres, à Paris, Rome ou Madrid, Peter Wiertel téléphone ou télégraphie à Hennebutte : "Dis moi s'il y a de bonne vagues actuellement pour le Surf-Riding". Si la réponse est affirmative Peter Wiertel arrive le lendemain matin par le train, l'avion ou la voiture. Il fait de la planche toute une journée et repart.

Tenir sur une planche est assez difficile. Il faut pas mal d'entraînement. Mais déjà Georges Hennebutte, Rott et Joël de Rosnay obtiennent de très bons résultats et bientôt le "surf-riding" qui demande d'ailleurs un certain nombre de qualités physiques fera, nous en sommes certains, fureur à Biarritz.
 

Journal de Biarritz
11 septembre 1957